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WILLIAM TURNER ET LES HÔPITAUX D’ORLÉANS

Joseph Mallord William Turner, plus connu sous le nom de William Turner est un peintre anglais renommé pour ses huiles et également pour ses aquarelles.

Autoportrait (vers 1799) Tate Britain (Londres)

C’est lors de son sixième voyage en France en 1826 que William Turner remonte la Loire de Nantes à Orléans. Lors de ce voyage à bateau, il peint de nombreuses aquarelles et représente les différentes villes qu’il traverse : Nantes, Saumur, Tours, Amboise, Blois, Orléans. La plupart de ses aquarelles et croquis sont réalisés depuis son embarcation.

Il semble que peu de gens ont connaissance des aquarelles qu’il a réalisées sur les hôpitaux d’Orléans.

Une première représente l’Hôpital-Général d’Orléans. Une seconde décrit la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans et en 1er plan l’Hôtel-Dieu. Orléans ne retient son attention que pour quelques croquis car c’est la fin de son périple.

Le style de Turner et notamment sa façon de traiter diversement la lumière le font considérer comme un précurseur de l’impressionnisme.

Le point de vue de Christian JAMET, écrivain et historien de l’art.

« Loin d’être un sédentaire enfermé dans son atelier, Turner a beaucoup voyagé : dans son propre pays mais aussi en France, en Suisse, aux Pays-Bas et en Italie, particulièrement à Venise qui a été pour lui une grande source d’inspiration. L’année 1826 est celle d’un voyage sur les bords de la Loire.[…]

Venant de Beaugency dont trois vues mettent en relief l’architecture et l’activité fluviale, Turner parvient à Orléans. Ses premiers croquis sont pris sur la rive sud de la Loire, plus particulièrement du quai Neuf ; il n’est donc pas impossible que l’artiste ait remonté le fleuve en bateau et débarqué sur ce quai. À Orléans, il va remplir neuf pages de son carnet, s’attachant particulièrement à représenter les tours qui bordent la rive droite de la Loire. Dans le centre ville, son regard est naturellement attiré par l’architecture de la cathédrale Sainte-Croix puis, apparemment indifférent à l’hôtel Groslot, il préfère lui tourner le dos pour croquer la vue qui s’offre à lui de l’autre côté de la place de l’Étape, en direction du théâtre (aujourd’hui hôtel de ville) et de l’Hôtel-Dieu dominé par les tours de la cathédrale. […]

Ce sont au total huit vues en couleurs qui seront peintes quelques années plus tard à partir des croquis exécutés à Orléans où Turner fera encore une halte en 1828, avant de poursuivre cette fois sa route pour l’Italie. »

Christian Jamet : « Orléans sous le crayon et le pinceau de Turner », Le Loiret des écrivains et des artistes, Corsaire Éditions, 2016

Lors d’une conférence (William Turner sur la Loire) en novembre 2021, organisée par le comité de jumelage anglais Lymm-Meung-sur-Loire, l’orateur Gérard Hocmard, officier de l’Ordre de l’Empire britannique, a décrit l’aquarelle ci-dessous, sur l’Hôpital-Général ainsi :

 » Cette aquarelle a été peinte du bateau qui remontait la Loire depuis Nantes. On reconnait bien l’Hôpital-Général et son clocheton ainsi que la tour Saint-Joseph, à gauche de l’hôpital, édifiée sur un des murs d’enceinte. A l’extrême droite figure la cathédrale Sainte Croix. « 

De ces aquarelles est né un recueil de gravures, Wanderings by The Loire.

(c) APHO/10 avril 2022