Les sœurs de la Providence

Sœurs de la Providence de Ruillé sur Loir.

P comme Providence

Se sentir aimé par les malades

En 1837, lorsque les sœurs de la Providence arrivèrent sur l’Hôpital Général, elles ne pensaient pas rester 143 ans.

Elles avaient en charge l’hospice de vieillards, les aliénés et les enfants abandonnés, soit environ 1500 lits.

Cérémonie d’adieu – Salle du conseil d’administration – Mercredi 1er octobre 1980.

Fin 1977, Jean-Pierre Gusching, nommé directeur de l’ensemble des services de personnes âgées, se préoccupa du sort des religieuses.

« Quand vous reposez-vous ? « leur demandât-il.

En effet elles étaient présentes auprès des pensionnaires nuit et jour…

Lors de la cérémonie d’adieu organisée par la direction et le conseil d’administration du CHR d’Orléans, deux médailles et divers cadeaux furent remis aux religieuses dont la communauté était réduite en 1980 à 7 membres seulement.

A leur départ, elles se retirèrent pour la plupart dans leur Maison Mère à Ruillé sur Loir (Sarthe).

Certaines restèrent sur l’Orléanais et formèrent une petite Communauté dirigée par Sœur Marie-Jo Fadier, qui fut la dernière religieuse à avoir travaillé au CHR (Saran) après 1980.

A Orléans comme à Ruillé, elles se remémorent régulièrement les bons moments passés à l’hospice où elles avaient principalement en charge les vieillards.

La dernière Supérieure de la communauté orléanaise, sœur Marie-Gisèle était toujours en activité en 2010 à Ruillé sur Loir accompagnant les sœurs les plus âgées.

Sœur Marie-Gisèle au centre

Témoignages :

Quand Sœur Marie-Bertrand est arrivée, la congrégation comprenait 35 sœurs :

J’ai travaillé dans le seul service de l’Hôtel-Dieu tenu pars les sœurs de la Providence ; c’était le service des contagieux dont le médecin-chef était le Dr Jean Grosbois. J’avais comme interne le Dr Claude Gueveler, passionné par son métier avec qui nous avons mis en place un service de consultations pour personnes âgées…ça n’existait pas auparavant. Dans l’hospice nous avions en charge près de 800 pensionnaires. J’ai ensuite été mutée à la salle Saint-Denis qu’on appelait également Infirmerie hommes. La 1ère semaine, j’ai eu un décès par jour. Je vivais avec les malades 24h/24 et disposait d’une simple cloison de séparation. 

Sœur Marie-Bertrand garde un bon souvenir de l’hospice malgré la misère et le peu de moyens dont elle disposait. Elle a terminé sa carrière à l’hôpital Pierre Lebrun de Neuville aux Bois.

En 1979, Sœur Anne-Marie Coudray était à Sainte-Agnès ou le service de formation continue s’installa par la suite. Elle travailla avec le Dr Rémy Milcamps. La mère supérieure était Sœur Marie-Gisèle et la communauté comportait 15 sœurs.

Dans cette salle commune, nous avions des déficients mentaux qui venaient de Fleury. Nous les occupions en leur faisant faire quelques travaux : coussins, tapisseries, poupées, macramés.

Une exposition-vente avait lieu tous les ans à l’hospice et les subsides recueillis finançaient les activités de l’animation 3ème âge.

Quant à Sœur Marie, elle exerçait dans les salles Saint-Euverte et Saint-Denis. 

Dans la salle commune les lits étaient disposés côte à côte avec une petite table de nuit les séparant…Le parquet était ciré une fois par semaine mais quand nos vieillards revenaient du café de la Croix-Morin, il ne brillait plus bien longtemps Quand leur état d’ébriété était sévère nous les signalions à l’administration. Leurs noms (les punis) étaient affichés dans le service et leurs vêtements civils étaient confisqués ; du coup ils ne pouvaient plus sortir.

La salle Saint-Euverte au début du siècle dernier (1er étage de l’Hôpital général/Bâtiment Ouest)

Sœur Marie-Gisèle a été, la dernière Supérieure de la communauté de 1970 à 1980.

Lors de notre départ le 1er octobre 1980, la communauté était réduite à 7 membres seulement. Le chiffre maximum des sœurs servant aux hospices avait été atteint en 1911 avec 45 religieuses. A notre départ la Direction nous a signalé en douce, qu’il faudrait 3 à 4 agents pour remplacer chaque sœur. Les malades étaient aimés et en retour nous nous sentions aimés aussi. 

Nous nous laissions guider par la Providence…

La dernière Supérieure, sœur Marie-Gisèle était toujours en activité en 2010 à Ruillé sur Loir accompagnant les sœurs les plus âgées.

40 années se sont écoulées depuis le départ des religieuses de la Providence.

Les anciens hospitaliers se souviennent encore de leur engagement et dévouement, mais aussi de leur humilité et discrétion.

Témoignages recueillis en 2010

Maison Mère de Ruillé sur Loir.

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