L’Annexe Petit

L’Annexe Petit a principalement été un lieu à vocation d’enseignement : primaire à l’origine en 1749, puis supérieur, un internat en 1905 et une école paramédicale en 1968. Un service de personnes âgées y séjourna également jusqu’en 1979.

Une école de garçons dès 1749

A l’origine, se trouvait une école de garçons rattachée à la paroisse Saint-Laurent d’Orléans, sise impasse du Coq face à l’Hôpital Général. Par la suite vers 1772, une petite classe de charité, tenue par les Frères et dite de Saint-Paul y fut également installée. Au début du XXe siècle, cette école prit le nom de Pension Landré, M. Landré ayant été professeur, puis Directeur de l’école primaire de garçons. L’accès à la cour se fit désormais au n°40 rue Porte Madeleine, l’ancienne entrée, impasse du Coq étant désormais murée.

En 1905, installation de l’Internat de l’Ecole Supérieure et Professionnelle des garçons d’Orléans.

Cet internat, dirigé également par M. Landré était annexé à l’école primaire supérieure, implantée rue des Turcies. C’est vers 1905 que cet internat fut installé sur le site. Il comprenait en façade l’immeuble du n°40 (Immeuble Riché), les anciens locaux de l’Ecole des Frères remis en état et deux petits pavillons qui furent édifiés à l’entrée de la grande cour. Cet internat se maintint à cet endroit jusqu’à la guerre.

Vues de la cour de récréation de l’Internat de l’Ecole Professionnelle d’Orléans

Dès le début de la guerre, l’ancienne Pension Landré est rattachée à l’hôpital

Le 1er Mai 1942, l’Administration décida d’y installer en rez de chaussée la Pouponnière en provenance de la Maison de l’Enfance, sise au n°85 Faubourg Saint-Jean. En outre, au 1er étage, 3 salles seront aménagées pour les personnes âgées déplacées des salles Sainte-Anne, Sainte-Marie et de Notre Dame. Les enfants de la Pouponnière demeurèrent en ce lieu jusqu’en mars 1949. En effet le temps de la guerre la Pouponnière était occupée par les allemands. Les enfants regagnent les locaux du Faubourg Saint-Jean dès leur remise en état. Voici la Pouponnière telle qu’elle était à l’époque.

En 1949, l’ancienne Pension Landré devint annexe du centre hospitalier régional d’Orléans et les administrateurs de l’hôpital lui donnèrent le nom d’Annexe Georges Petit.

Une plaque commémorative apposée en 1954 sur le bâtiment nord en fond de cour, au-dessus de l’entrée principale, rappelle ce changement de dénomination.

Le Docteur Georges Petit est né en 1860 à Orléans ; il fit ses études à Paris. Volontaire comme officier de santé durant la grande guerre, il fut nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1916 puis officier en 1950. Ce fut après la guerre qu’il consacra tout son temps aux Hospices Civils d’Orléans jusqu’à sa mort en 1954. Il habitait Orléans au 105 rue de Coulmiers.

Après-guerre, l’Annexe Petit a vu l’installation d’un service de vieillards femmes dépendant de l’Hospice des vieillards, service basé au rez de chaussée et à l’étage (fond de cour) ainsi qu’au rez de chaussée de l’aile Ouest. On y accédait par une allée pavée. Les deux pavillons édifiés à l’entrée du site dans la cour principale servaient de logements de fonction et de conciergerie.

Dans le pavillon à gauche, au milieu des années 50 résidaient Henri Brossard (électricien) et Marcelle Brossard (blanchisseuse).

Ici  sur cette photo la famille Marteil  et  leurs enfants, habitaient également un logement de fonction   (pavillon à droite)

Les sœurs de la Providence et des agents hospitaliers assuraient les soins du service de personnes âgées qui dépendait de l’Hôpital Général. Devenu vétuste le service fut transféré au Centre de cure médicale de Saran en Mai 1979, en même temps que les pensionnaires des salles Saint-Pierre et Saint-Joseph.

Sous l’impulsion du Dr Bernard Gaufroy, chef de service de la rhumatologie, une école de masso-kinésithérapie, rattachée au centre hospitalier régional d’Orléans est installée à l’Annexe dans le bâtiment Est de la cour intérieure en 1968. La 1ère promotion ne comptait que 10 élèves.

Sous les mandats de Georges Carré, Pierre-Jean Morlé et Paul Aubanel (directeurs généraux) le bâtiment principal donnant sur la rue Porte Madeleine servait de logement pour les directeurs. Fin des années 50, c’est Jean Paumier qui réside dans ce bâtiment, puis M. Delforge, M. Borel du Bez et M. Pichonnet. Dans les années 70, c’est M. René Thomas, directeur général adjoint qui occupait les deux premiers niveaux.

A la même époque l’Annexe Petit est en fête. Elle célèbre le centenaire d’une de ses pensionnaires, Madame Séjourné. Pierre-Jean Morlé alors directeur général lui rend visite dans la salle commune qui l’héberge et lui demande ce qui lui ferait plaisir pour ses 100 ans. « Je veux faire un tour en avion » lui répondit-elle. Son vœu fut exaucé et  lorsqu’elle  descendit  de l’avion sur  l’aérodrome de Saran,  ses  premiers mots furent :  » La prochaine fois, je mettrai des lunettes car je n’ai pas bien vu…  » En 1970, Jeanne Guillon qui faisait ses premiers pas comme infirmière générale installa son bureau pour quelques temps à l’Annexe.

La cour a été bitumée par la suite pour faciliter l’accès, notamment des enfants. On distingue très bien sur ce cliché cette voie autrefois pavée, la cour intérieure du logement de fonction affectée au Directeur Général Adjoint de l’époque à droite, la cour principale utilisée conjointement par les élèves de l’école et les enfants de la crèche et les deux pavillons qui ont hébergé successivement des logements de fonction, le service des tutelles aux personnes âgées, les bureaux de l’infirmière générale puis ceux des enseignants…

Au début des années 80, le service des tutelles dépendant de la direction des personnes âgées s’installa pour 3 ans dans un des pavillons d’entrée, la chef de bureau était Josette Bracard et son directeur Jean-Pierre Gusching. Cette direction gérait 700 lits réservés aux personnes âgées au Centre de cure médicale de Saran, à l’Hôpital Général et à la Chapelle Saint-Mesmin. Peu après le départ des religieuses de la Providence, ce service des tutelles est transféré au rez de chaussée du bâtiment de la communauté, au sud, dans le prolongement de la chapelle Saint-Charles.

De 1981 à 1983 des travaux de réaménagement et d’agrandissement sont engagés sur l’Annexe pour installer la Crèche du personnel et réaménager les classes de l’école. C’est la mise en chantier du bâtiment Mère et Enfant en juin 1983 qui nécessita ces travaux car l’ancienne Crèche du personnel implantée alors à la 8ème Division devait être détruite pour permettre la construction de ce nouveau bâtiment.

Sur cette photo de la République du Centre en date du 17 juillet 1982, voici les bâtiments qui vont être déconstruits entrainant la translation de la Crèche à l’Annexe.

Bâtiment n°1 : Le Pavillon Sabatier – n°2 : Garderie des enfants du personnel – n°3 : Self-service à l’étage et garderie des enfants de la Crèche au rez de chaussée.

A l’Annexe, dès le début des années 80, le bâtiment principal n’est plus utilisé an tant que logements de fonction. La Direction des Services Techniques, du Plan et des Domaines s’y installe. Elle est dirigée par Jean Lauron, attaché de Direction.

La façade de cet immeuble est celle d’une maison bourgeoise du XVIIIe siècle sans grande valeur patrimoniale. Dès qu’on a franchi la porte d’entrée, on arrive dans une vaste cour plantée de marronniers et entourée de tous côtés par des constructions mi-pierre, mi-briques qui rappellent la vocation scolaire du site.

L’inauguration des nouveaux locaux (école et crèche) a eu lieu le 22 juillet 1983, en présence de Jacques Douffiagues, Maire d’Orléans et Président du conseil d’administration, Jean Hue, Directeur général, Jean Girodon, Directeur de l’école, des Docteurs Antoine Geisen, Médecin inspecteur Régional de la Santé, Dominique Bondeux, Pédiatre et de Jean-Louis Vergnaud, Ingénieur. L’école comprenait alors 3 salles de cours, une salle de TP, une salle de gym, une bibliothèque ainsi que des locaux administratifs.

De gauche à droite sur la photo :
Jean-Louis Vergnaud, Jean Girodon, Jean Hue, Jacques Douffiagues.

La Crèche dédiée aux enfants du personnel de l’Hôpital Général et de la Maison de l’Enfance fut inaugurée le même jour. Elle avait déjà été transférée en date du 2 Mai 1983. La Crèche (enfants de deux mois à trois ans) est ouverte sept jours sur sept. La surface disponible passe de 400m2 à 660 m2 et permit à la garderie d’accroitre sa capacité d’accueil, 48 enfants pour la crèche et 21 enfants pour la garderie (enfants de trois à six ans).

Suite à la fusion des directions du Plan et des Travaux et des Services économiques, la direction de l’IFRMK s’installa au n°40 rue Porte Madeleine dans les locaux de ce fait libérés en janvier 1997.

Ici la Promotion 2002 de l’Institut Régional de Masso-Kinésithérapie pose aux côtés de son Directeur, Jean Girodon.

En 2004, les étudiants de 1ère année n’ont plus cours à l’Annexe et intègre leurs nouveaux locaux à l’Université d’Orléans.

L’institut quitta définitivement les lieux en août 2009 et rejoignit l’Université d’Orléans. A la rentrée 2019, il n’est plus rattaché au CHR et devient école universitaire. L’institut change de nom et se dénomme désormais École Universitaire de Masso-Kinésithérapie de la région Centre Val de Loire (EUMK). C’est une première en France.

En 2013, la Maison des adolescents rattachée au centre hospitalier départemental Georges Daumezon, s’installa dans le bâtiment principal laissé vacant. Cette association accueille et demeure à l’écoute des adolescents en difficulté. Elle resta 5ans en ce lieu et déménagea le 9 septembre 2018 suite à l’annonce de la mise en vente de l’Annexe par le CHR d’Orléans.

En juin 2015, la Crèche rejoint le nouvel hôpital dans des locaux flambants neufs. A cette même période, tous les services de soins de l’Hôpital Porte-Madeleine ont été transférés sur le site de La Source.

Arrivé à l’Annexe en 2000, le service audiovisuel est le dernier service hospitalier à séjourner en ce lieu. Il le quitta le 16 janvier 2017 en même temps que l’ensemble des directions et services administratifs encore basés dans les locaux de l’Hôpital Porte-Madeleine et laissa l’Annexe Petit vide certes mais vite fleurie avec le renouveau du Printemps…